L'hypothèse de départ tenait en une phrase : là où il n'y a pas de psychiatre, la molécule remplace le rendez-vous. Un généraliste qui n'a personne à qui adresser son patient de 22 ans prescrit un antidépresseur en attendant — ou à la place — d'un suivi spécialisé. Si c'est vrai, on doit voir, département par département, une prévalence de traitement plus élevée là où la densité de psychiatres est plus faible : une corrélation négative entre les deux séries.
Pour la tester, on a croisé deux sources qui ne se parlent jamais spontanément. Côté prescriptions : la Cartographie des pathologies de l'Assurance Maladie (CNAM), qui recense chaque année le nombre de 20-24 ans traités pour des antidépresseurs ou des thymorégulateurs, département par département. Côté offre de soins : la DREES, qui publie depuis 2012 la démographie des professionnels de santé, avec une densité de psychiatres en exercice déjà calculée pour 100 000 habitants — la jointure donne un panel de 1 010 lignes : 101 départements (métropole et DOM compris) sur les dix années 2015 à 2024.
Ce que montre la courbe nationale, 2015-2024
Premier constat, sans surprise : la prévalence grimpe, et elle grimpe vite. En 2015, en moyenne sur les 100 départements où la prévalence est mesurée cette année-là (Mayotte est masquée par le secret statistique, voir méthode), 0,95 % des 20-24 ans étaient traités pour antidépresseurs ou thymorégulateurs. En 2024, cette moyenne atteint 1,89 %. Soit une hausse de 98,24 % en dix ans : la part de jeunes de 20-24 ans sous traitement a presque doublé.
En valeur absolue, le nombre de patients recensés par la CNAM dans cette tranche d'âge passe de 33 640 en 2015 à 78 370 en 2024, soit +132,97 % (+44 730 patients). Ces deux chiffres ne se lisent pas de la même façon : la hausse en effectifs est une somme nationale de patients, la hausse en prévalence une moyenne non pondérée des taux départementaux (voir méthode). L'écart entre les deux ne peut donc pas être attribué ici à une seule cause : ce dataset ne mesure pas séparément l'évolution de la population des 20-24 ans.
Prevalence moyenne (20-24 ans, antidepresseurs/thymoregulateurs), France entiere, 2015-2024. Source : CNAM, dataset effectifs.
Ce que la courbe ne montre pas, en revanche, c'est une évolution parallèle de l'offre de soins. La densité moyenne de psychiatres en exercice passe de 18,19 pour 100 000 habitants en 2015 à 18,68 en 2024 : +2,68 % en dix ans — le nombre de patients traités, lui, a été multiplié par plus de deux sur la même période. Les deux courbes divergent, elles ne se resserrent pas — ce qui est déjà une première indication : si substitution il y a, elle ne se lit pas dans le sens d'une offre qui reculerait pendant que la prescription progresserait pour compenser. L'offre est restée quasiment plate, la prescription a doublé.
Où sont les déserts psychiatriques en 2024
Prenons la photo la plus récente, 2024, pour voir où se situent réellement les écarts entre départements. Sur la densité de psychiatres, la médiane départementale est à 16,78 pour 100 000 habitants, mais l'écart entre le minimum et le maximum est massif : 2,18 pour 100 000 habitants à Mayotte, contre 102,4 à Paris. Sur l'ensemble du panel 2015-2024, l'écart-type de la densité atteint 10,25 — un chiffre qui à lui seul dit la dispersion : la moyenne nationale ne raconte presque rien du terrain réel.
Fait notable : le département le moins doté en psychiatres n'est pas celui qui traite le moins de jeunes. Mayotte détient le minimum de densité (2,18 pour 100 000 habitants), mais le minimum de prévalence appartient à un autre département ultramarin, la Guyane, à 0,238 % (pour une densité de 6,75 psychiatres pour 100 000 habitants, elle aussi très en dessous de la médiane). Les deux « pires » scores du panel 2024 ne se recoupent donc pas sur le même département.
Côté prévalence, l'écart est tout aussi net : de 0,24 % en Guyane à 3,06 % en Seine-Maritime, avec une médiane à 1,885 %, très proche de la moyenne nationale. Seine-Maritime n'a rien d'un désert médical : sa densité de psychiatres en 2024 est de 20,69 pour 100 000 habitants, légèrement au-dessus de la médiane nationale. Le département où l'on prescrit le plus n'est donc pas celui où l'on manque le plus de psychiatres — c'est même plutôt l'inverse qui commence à se dessiner, et c'est tout l'objet de la section suivante.
Regarder l'évolution sur dix ans de ces départements extrêmes confirme que le phénomène n'est pas ponctuel. À Paris, la prévalence passe de 1,37 % en 2015 à 2,84 % en 2024, soit +107,15 %, quasiment le même rythme de doublement que la moyenne nationale — dans un département qui est pourtant, de très loin, le mieux doté en psychiatres du pays. En Seine-Maritime, la hausse est encore un peu plus marquée : de 1,46 % en 2015 à 3,06 % en 2024, soit +109,74 %. À l'inverse, à Mayotte, la donnée de prévalence est masquée par le secret statistique CNAM (effectif trop faible) pour la plupart des années de la série — seules 2018, 2023 et 2024 sont mesurées : 0,25 % en 2018, puis 0,29 % en 2024. Le niveau reste très inférieur à celui de la Seine-Maritime : l'écart avec ce département en 2024 (3,058 % contre 0,293 %) représente +943,69 % de prévalence en plus côté Seine-Maritime. La tendance haussière traverse tout le territoire, mais elle ne comble aucun des écarts de départ.
Les cinq départements d'outre-mer du panel (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) forment un bloc à part, et il faut le regarder séparément avant de tirer une conclusion nationale. En 2024, la prévalence moyenne y est de 0,42 %, contre 1,97 % en métropole — un écart de +364,21 % entre les deux zones, la métropole prescrivant plus de quatre fois plus que les DOM en proportion. Sur la densité de psychiatres, l'écart existe aussi mais il est bien plus resserré : 14,43 pour 100 000 habitants dans les DOM contre 18,90 en métropole.
Autrement dit, l'écart de densité entre DOM et métropole (-23,64 % dans les DOM par rapport à la métropole) est très inférieur à l'écart de prévalence (+364,21 % côté métropole). Si le manque de psychiatres suffisait à expliquer une sous-prescription, l'écart de prévalence devrait être du même ordre de grandeur que l'écart de densité — il ne l'est pas, l'écart de prévalence est bien plus large. Ce déséquilibre suggère que d'autres facteurs pèsent davantage que la seule offre de soins spécialisée dans les DOM : recours au système de soins globalement moins développé, moindre couverture par la médecine générale elle-même, différences dans le repérage et le diagnostic, ou encore des pratiques culturelles de recours aux soins de santé mentale. Le dataset ne permet pas de trancher entre ces explications — il permet seulement d'écarter la densité de psychiatres comme facteur unique.
Est-ce que la molécule remplace le rendez-vous ?
C'est la question centrale de cette étude, et la réponse tient en un chiffre : sur la coupe 2024, la corrélation de Pearson entre la densité de psychiatres et la prévalence de traitement est de r = 0,35 (101 départements). Sur l'ensemble du panel 2015-2024 (1 003 lignes valides sur les 1 010 du panel, 7 exclues pour donnée de prévalence masquée — voir méthode), elle tombe à r = 0,22. Dans les deux cas, la corrélation est positive — faible à modérée, mais positive. Ce n'est pas ce que prédisait l'hypothèse de la substitution. Si la molécule remplaçait le rendez-vous là où l'offre manque, on s'attendrait à une corrélation négative : moins de psychiatres, plus de prescriptions. On observe l'inverse : les départements les mieux dotés en psychiatres sont, en moyenne, ceux où la prévalence de traitement est la plus élevée, pas la plus basse.
Prevalence moyenne 2024 selon que le departement est sous ou au-dessus de la mediane nationale de densite de psychiatres. Source : CNAM x DREES.
La comparaison par groupes le confirme. En scindant les 101 départements de 2024 en deux groupes de taille comparable, de part et d'autre de la médiane de densité (16,78 pour 100 000 habitants) : les 50 départements sous la médiane affichent une prévalence moyenne de 1,80 %, contre 1,98 % pour les 51 départements à la médiane ou au-dessus — un écart de +10,14 % en faveur du groupe le mieux doté. Les départements les moins pourvus en psychiatres ne prescrivent donc pas plus, ils prescrivent légèrement moins.
Ce résultat n'a rien d'absurde une fois qu'on prend le temps d'y réfléchir : il est cohérent avec ce qu'on appelle, en épidémiologie, un effet de repérage. Une explication plausible, que ce dataset ne permet pas de tester faute de données sur ces variables, serait que les territoires les mieux dotés en psychiatres le soient aussi en autres ressources de repérage — généralistes formés au dépistage, CMP (centres médico-psychologiques), médecine universitaire — ce qui rendrait l'identification d'un trouble anxieux ou dépressif plus fréquente, et donc son traitement. Là où l'offre de soins est faible, il est probable qu'une partie des troubles ne soit tout simplement jamais captée par le système de soins, ni en rendez-vous, ni en prescription. Le paradoxe du désert médical n'est peut-être pas « pas de psychiatre, donc plus de pilule » mais « pas de psychiatre, donc moins de tout : moins de diagnostic, moins de suivi, moins de traitement ».
Le CNAM ne permet pas de distinguer, dans ces effectifs, le prescripteur d'origine — médecin généraliste ou psychiatre. C'est une limite réelle de ce jeu de données (voir la section méthode), et elle interdit d'aller plus loin dans le diagnostic du mécanisme. Ce que les chiffres permettent d'affirmer, en revanche, c'est que l'hypothèse testée au départ — la substitution pure entre pénurie de psychiatres et sur-prescription — ne trouve pas de soutien dans ce dataset. La relation va, si elle va quelque part, dans l'autre sens.
Avant / après le Covid : la corrélation ne bouge pas
Le choc sanitaire de 2020 est bien visible dans les chiffres, mais pas tout à fait où on l'attendrait. La prévalence moyenne passe de 1,05 % en 2019 à 1,16 % en 2020, une hausse de +10,94 %, puis à 1,33 % en 2021 (+14,27 % sur l'année suivante). Mais ce n'est pas encore le pic : la plus forte progression annuelle de toute la série 2015-2024 se produit un an plus tard, entre 2021 et 2022, à +16,49 % (prévalence moyenne à 1,55 % en 2022), suivie d'une deuxième année à +14,79 % entre 2022 et 2023 (1,78 % en 2023). Le point de bascule n'est donc pas l'année du confinement elle-même, mais les deux années qui suivent — cohérent avec un effet différé : rupture de la vie sociale et universitaire pendant la crise, puis report de la demande de soins vers 2021-2022, une fois les files d'attente et les prises en charge relancées.
Ce qui est plus instructif, c'est que ce choc ne change presque rien à la relation entre densité de psychiatres et prévalence. Sur la période pré-Covid (2015-2019, 501 lignes valides), la corrélation est de r = 0,27. Sur la période post-Covid (2020-2024, 502 lignes valides), elle est de r = 0,28. Autrement dit : le Covid a fait monter la prescription partout, mais il n'a pas inversé, ni même sensiblement modifié, le lien positif entre offre de soins et prescription. Les départements bien dotés avant la crise sont restés, en proportion, ceux qui prescrivent le plus après la crise. La hausse post-Covid s'est ajoutée au-dessus de la structure territoriale préexistante, elle ne l'a pas rebattue.
Ce que ça change concrètement
Si tu es étudiant et que tu te dis que ton département est « mal loti » en psychiatres — vérifie-le, mais ne t'attends pas à ce que ce soit la seule variable qui compte. Ce que ces chiffres montrent, c'est qu'un département sous-doté en psychiatres n'est pas un endroit où l'on te prescrira plus facilement un antidépresseur à la place d'un suivi : c'est plutôt un endroit où le repérage global — généraliste, service de santé universitaire, CMP — est probablement plus difficile à activer, dans un sens comme dans l'autre. Le vrai point de vigilance n'est donc pas « est-ce qu'on va me mettre sous traitement trop vite » mais « est-ce que je vais réussir à me faire repérer et orienter du tout ». Si tu ressens un besoin d'en parler, le premier réflexe utile reste souvent le plus simple : le service de santé universitaire de ton établissement, ou un espace d'échange entre pairs comme le forum étudiant de StudyShare, où poser une question — y compris sur ce sujet — ne demande ni rendez-vous ni délai d'attente. Et si c'est d'abord la charge de travail qui pèse — partiels qui s'enchaînent, révisions qui s'empilent — notre guide pour réviser ses partiels sans stress traite le problème par son autre bout : organiser la charge avant qu'elle ne devienne un symptôme.
Méthode et limites
Échantillon : 1 010 lignes (101 départements × 10 années, 2015-2024), issues de la jointure entre le dataset effectifs de la Cartographie des pathologies (CNAM) et le fichier « Médecins RPPS 2012-2026 » de la DREES, jointes par département × année via stats:join sur les deux séries de 101 départements chacune.
Deux sources indépendantes : la CNAM (Assurance Maladie, données de remboursement) pour les prescriptions et la population des 20-24 ans ; la DREES (ministère de la Santé) pour la densité de psychiatres. Deux collecteurs distincts, deux méthodologies de recueil distinctes.
Corrélation, pas causalité : chaque coefficient r présenté dans cet article (2024, panel complet, avant/après Covid) mesure une association statistique entre deux séries observées, jamais un effet causal. Les départements ne sont pas assignés au hasard à un niveau de densité de psychiatres : ce sont des territoires avec leur histoire, leur composition sociale, leur urbanisation, qui diffèrent sur des dizaines d'autres dimensions non mesurées ici (revenu, âge moyen, présence d'un CHU, etc.). Toute association observée entre deux groupes de départements non assignés au hasard peut refléter en partie ces facteurs confondants plutôt qu'un effet direct de la densité de psychiatres.
Secret statistique CNAM sur Mayotte : le secret statistique masque entièrement (effectif ET prévalence) la ligne Mayotte pour 7 des 10 années de la série (2015, 2016, 2017, 2019, 2020, 2021, 2022) ; seules 2018, 2023 et 2024 disposent d'une prévalence mesurée. Ces 7 lignes sont exclues des moyennes annuelles nationales de prévalence et des calculs de corrélation impliquant la prévalence, ramenant le N effectif à 100 départements pour les années concernées, à 1 003 lignes pour la corrélation sur panel complet, et à 501 / 502 lignes pour les corrélations pré-Covid / post-Covid respectivement — contre 101 départements / 1 010 lignes / 505 lignes pour le dataset complet.
ntop arrondi : la CNAM arrondit les effectifs de patients (ntop) à la dizaine la plus proche pour des raisons de confidentialité statistique. Sur les petits départements (Guyane, Mayotte notamment), cet arrondi peut représenter une part non négligeable de l'effectif réel et gonfler artificiellement la volatilité d'une année sur l'autre.
Effet de frontière RPPS : le RPPS localise chaque praticien sur son département d'exercice le plus récent déclaré. Pour les psychiatres exerçant à cheval sur plusieurs départements limitrophes (fréquent en petite couronne parisienne ou autour des grandes métropoles), ce rattachement peut légèrement sous- ou sur-évaluer la densité d'un département par rapport à son bassin de patientèle réel.
Prescripteur non identifié : le dataset CNAM ne distingue pas si l'antidépresseur ou le thymorégulateur a été initialement prescrit par un médecin généraliste ou par un psychiatre. Il n'existe pas, dans le CLI d'analyse utilisé pour cette étude, d'outil permettant de calculer un ratio du type « patients traités par psychiatre en exercice » (ce chiffre demanderait de convertir une densité pour une population donnée en effectif réel de psychiatres, puis de le diviser dans les patients traités — une transformation qui n'existe pas encore parmi les outils déterministes disponibles). C'est pourquoi cette étude teste l'hypothèse par corrélation entre densité et prévalence plutôt que par un ratio patients/psychiatre.
Moyennes non pondérées : les moyennes nationales par année sont des moyennes simples sur les départements valides de l'année (101, ou 100 les années où Mayotte est masquée — voir ci-dessus), pas des moyennes pondérées par population — un grand département et un petit département comptent à égalité dans ces moyennes.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il attendre pour un rendez-vous chez le psychiatre ?
Cette étude ne mesure pas directement les délais de rendez-vous — le dataset CNAM/DREES utilisé ici porte sur la densité de psychiatres et les effectifs traités, pas sur les délais d'attente. Ce qu'on peut dire, c'est que l'écart de densité entre départements est considérable : de 2,18 à 102,4 psychiatres pour 100 000 habitants en 2024 selon le département. Un tel écart de densité rend plausible un écart de délai tout aussi important, mais ce chiffre précis n'est pas dans ce dataset.
Y a-t-il vraiment un manque de psychiatres en France ?
Oui, au sens où la répartition territoriale est très inégale : la densité médiane départementale en 2024 est de 16,78 psychiatres pour 100 000 habitants, avec un écart-type de 10,25 sur l'ensemble de la période 2015-2024. Certains départements, comme Mayotte (2,18 pour 100 000 habitants en 2024), sont très en dessous de cette médiane.
Qu'est-ce qu'un désert médical en psychiatrie ?
C'est un territoire où la densité de psychiatres en exercice est très inférieure à la moyenne nationale (18,68 pour 100 000 habitants en 2024). Mais attention : dans ce dataset, les départements les moins bien dotés ne sont pas ceux où l'on prescrit le plus d'antidépresseurs aux 20-24 ans — c'est même l'inverse qui ressort (r = 0,35 en 2024, une corrélation positive). Un désert psychiatrique semble davantage synonyme de moins de repérage que de plus de prescription.
Un médecin généraliste peut-il prescrire un antidépresseur sans passer par un psychiatre ?
Oui, en France, un médecin généraliste peut prescrire un antidépresseur de première intention sans consultation préalable chez un psychiatre. Le dataset CNAM utilisé dans cette étude ne permet toutefois pas de distinguer la part des prescriptions initiées par un généraliste de celles initiées par un psychiatre — c'est une limite explicitement signalée dans la section méthode ci-dessus.
Quel département manque le plus de psychiatres ?
Sur la coupe 2024 de ce dataset, c'est Mayotte qui affiche la densité la plus basse, à 2,18 psychiatres pour 100 000 habitants — et cette densité a même reculé de -27,57 % depuis 2015, où elle était de 3,01. À l'autre extrême, Paris culmine à 102,4 pour 100 000 habitants la même année.
Pour aller plus loin, consultez notre guide complet Vie étudiante.
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